21.03.2012
Texte anonyme.
En me promenant sur les blogs, j'y ai trouvé sur celui de Marie-Sourire, le très beau texte de Kipling "Tu seras un homme mon fils." Je me suis souvenue d'un autre texte que je conserve depuis presque 35 ans, dont j'ignore la provenance, ni comment je l'ai récupéré. Et jusqu'il y a quelques minutes j'ignorai même ou je l'avais rangé. Mais à force de déduction tout se retrouve.
C'est un texte anonyme daté de 1692 et trouvé dans la vieille église de Baltimore.
Avance sereinement au milieu du bruit et de la haine, et souviens-toi de ce qu'il peut y avoir de paix dans le silence.
Sois en bon termes avec chacun et sans renoncer, si possible, à ce que tu es vraiment.
Dis ce qu'est ta vérité tranquillement et clairement ; écoute les autres, et même ceux qui sont obtus et ignorants, eux aussi ont leur histoire.
Evite les personnes bruyantes et agressives, elles sont tourments pour l'esprit. Si tu te compares aux autres, tu risques de devenir vaniteux ou amer, car il y aura toujours des êtres supérieurs et des êtres inférieurs à toi. Réjouis-toi de tes réalisations comme de tes projets.
Intéresse-toi à ta propre carrière, si humble soit-elle ; elle t'appartient vraiment dans ces temps de fortunes variables. Conduis tes affaires avec prudence, car le monde déborde de fourberies. Mais que cela ne t'empêche pas de voir la vertu ; plusieurs personnes se battent au nom de grands idéaux, partout la vie est pleine d'héroïsme.
Sois toi-même, surtout ne simule pas l'affection. Ne sois jamais cynique à l'égard de l'amour, car, face à l'aridité et au désenchantement, l'amour est vivace comme l'herbe.
Ecoute l'expérience des années en renonçant avec élégance, aux choses de la jeunesse. Exerce la force de l'esprit afin de te protéger contre l'infortune soudaine. Mais ne désespère pas à cause d'imaginations. De nombreuses craintes naissent de la fatigue et de la solitude. Dépassant une saine discipline, sois compréhensif à ton égard. Tu es enfant de l'univers, comme les arbres et les étoiles ; tu as droit à cette existence. Dans le bruit et la confusion de la vie, reste en paix avec ton âme.
Le monde est beau, malgré son artifice, son esclavage, ses rêves.
Sois attentif. Lutte pour être heureux.

07:17 Publié dans Tout et Rien | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
19.03.2012
Capharnaum...
Comme beaucoup, j'ai une maison et un grenier. Dans celui-ci on y trouve, des choses inutiles, pleins de choses inutiles mais qui "pourraient" servir. On ne sait ni dans quelle vie, ni dans quel siècle et qui pourrait utiliser des choses pour la plupart obsolètes.
On y trouve pêle-mêle... Un landeau, un couffin, mes vêtements de bébé... J'ai passé le demi siècle ! Des livres, des cours, des vinyls, des restes de carrelage, du matériel de camping digne des scouts de l'après-guerre... J'en passe et des meilleures.
Chloé a acheté dernièrement une platine vinyl et j'ai voulu retrouvé les dire-straits, rollings stones, beatles, bruce springsteen, histoire de lui prouver que nous n'étions pas si ringards que ça. Sauf que je n'ai pas pu y accéder car devant les étagères sur lesquels sont "rangés" les disques, il y a deux portes, trois cartons de bouquins, et des objets indéfinis.

Qu'à cela ne tienne j'ai découvert dans ce capharnaum, un bouquin de conte que je croyais perdu, que j'avais acheté lorsque je passais mon BAFA. Ce bouquin m'a suivi pendant les 20 premières années de ma carrière, il m'a enchanté, a enchanté mes enfants et tous les bouts de choux à qui j'ai lu, puis raconté ces histoires que je connaissais par coeur, qui prenaient au fur et à mesure de l'ampleur.
J'ai beaucoup raconté deux histoires Dodu-Dodo le cochon paresseux et le Noël de Petite Pomme. Je revoie toutes ces frimousses autour du sapin me reclamer encore et encore Petite Pomme. Lorsque nous enlevions le sapin l'histoire avait tellement évoluée que le petit conte était devenu un roman.
Armée de mon piolet, de ma lampe frontale et de mes chaussures de chantier je suis allée rechercher un livre disque des albums du père castor "comptines pour les bébés, mais je ne l'ai pas trouvé, il est peut-être derrière les deux portes, les trois cartons de livres et les objets indéfinis. Je me souviens encore des éclats de rire des bébés, lorsque je leur chatouillais la main en leur chantant :
Migne, Migne migne beu, Maman est au coin du feu, qui n'a plus pour son souper qu'un petit chapon grillé...........Perlin, perlin peste.

06:16 Publié dans Bibliothèque, Tout et Rien | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
16.03.2012
Des mots, une histoire N°58...
L’édition 58 de Des mots, une histoire a pour récolte ces mots : cacophonie – (cicatrice remplacé par) cochon – grésillement - jettatura – aboiement – printemps – cycliste – blessure – amer – signature – mobilisation – promotion – tradition – balcon – héroïne – solitude – écran – tremblement – bredouille – égarement – oral – dévotion – extravagance – copuler – lassitude – virgule – brousse – épuisée.
De la copulation des Dieux dans la mythologie romaine aux mythes sociaux dans l'italie contemporaine.
Valentina était sur le point d'achever sa thèse. Il ne lui restait plus qu'à terminer le chapitre sur la Befana, et la jettatura, revoir le titre et obtenir l'aval de son directeur de travaux. Celui-ci Fausto Allegri , sociologue de renom, avait accepté à sa grande surprise de superviser ses recherches. Son grand oral était dans deux mois, elle était épuisée de lassitude. Elle s'étira, claqua l'écran de son ordi et décida de profiter de cette fin d'après-midi.
Par la fenêtre ouverte elle entendait les aboiements des chiens et la cacophonie que faisaient les étudiants agglutinés aux terrasses du campo San Stefano.
Le printemps était arrivé trop tôt dans la saison. Valentina en avait assez de la solitude qu'elle s'était imposée depuis maintenant deux ans. Quelle extravagance l'avait poussée vers un tel sujet de thèse ? Elle aurait tout aussi bien pu choisir la copulation des bousiers dans la brousse africaine, au moins cela aurait provoqué une certaine hilarité. Son sujet faisait jaser depuis des mois. Il avait même fait l'objet d'une mobilisation protestataire et une pétition avait récolté une centaine de signatures pour que sa soutenance soit retirée de la session d'examen. Elle en gardait une profonde blessure.
La tradition et la dévotion sont encore tenaces en Italie et là, elle touchait à la bienséance et les bénis oui-oui ne lui pardonnaient pas ses égarements. La pilule était amère. Elle avait dû faire la promotion de son travail auprès du professeur Allegri. Celui-ci l'avait soutenue et lui avait conseillé de ne pas changer une virgule, car son travail alors qu'il n'était pas encore terminé, faisait déjà le buzz dans la communauté littéraire vénitienne.
Depuis maintenant des mois ils se rencontraient régulièrement, elle reconnaissait le grésillement de son portable lorsqu'il décrochait. Elle passait incidemment le soir sur le zattere ai Gesuati, alors que tout aussi incidemment il prenait l'air sur son balcon. Il faut dire que le sieur Allegri était marié, la discrétion était donc de mise, car dans la petite communauté universitaire vénitienne on ne pardonnait pas les écarts de conduite. Valentina se sentait à la fois l'héroïne d'un roman policier et celle d'un roman à l'eau de rose.
La veille, sans aucun tremblement dans la voix, avec un air qu'elle souhaitait le plus cochon possible elle lui avait dit : "Après avoir copulé avec les Dieux, il est temps que je redécouvre les humains". Le professeur Fausto Allegri avait reçu le message 5/5. Si elle n'obtenait pas sa thèse, elle ne serait pas complètement bredouille, car elle avait réussi à prendre dans ses filets le bel universitaire quinquagénaire. Alors qu' elle reposait comblée entre ses bras,une pensée parasite lui avait troublé l'esprit. Etait-elle vraiment certaine de reposer dans les bras de son amant ? Jupiter lui aurait-il joué un tour ?
Décidée à définitivement oublier les Dieux elle prit sa veste et sauta dans le premier vaporetto venue afin de faire le tour de la lagune.

06:18 Publié dans Challenges lectures et écritures | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note


