27.04.2012
Des mots une histoire N° 62....
Les mots imposés pour Des mots, une histoire 62 sont : immédiateté – assiette – création – café – peau – trille – absence – bergamote – confiance – peigne – hermétique – insouciance – facile – tristesse – sourire – diable – déception – labyrinthe – sang – coincidence – chavirer – connexion.
Scène de vie ordinaire
Et comme d'habitude je me fais un sang d'encre. Le jour commence à se lever et les moineaux réveillés trillent joyeusement. Je sais pertinement que je peux lui faire confiance, mais là n'est pas le problème, mon diable intérieur déambule dans le labyrinthe de mes pensées obscures, et me rend hermétique à la raison.
Je chavire d'un sentiment de déception : "Elle aurait pu m'appeler", à la tristesse, "mais se rend-t-elle compte que je m'inquiète ? Impossible de moduler mon angoisse. Mais à 20 ans ce qui compte c'est l'insouciance et l'immédiateté, le mot prévoir est absent du vocabulaire.
Elle arrivera tout sourire, ou pas vraiment dans son assiette, elle me dira comme à l'accoutumé : "Maman, je t'avais dit que je dormais chez Clara".
J'entends les pneus de la voiture criser sur les graviers de la cour, elle arrive, tout sourire. Aujourd'hui l'excuse est différente, et de celle qui bien évidemment va accentuer mon angoisse.
- Si tu savais la coïncidence, j'ai rencontré Pierre par le plus grand des hasards (mon oeil !) alors on a trainé.
- Où, quand, comment ?. Maman t'es vraiment pas facile à vivre là ! Tu vas pas pointer mes absences ! Secoue-toi la peau un peu. Tu ne te fais pas de souci lorsque je suis à Strasbourg !
Certes, mais lorsque tu viens le WE, je retrouve mes vieux réflexes et je m'inquiète... C'est idiot mais c'est comme ça !
- Dis donc c'est une nouvelle création ta coiffure ? Tu ferais bien de te donner un coup de peigne on dirait un épouvantail.
- Mamannnnnnnnn, arrête de râler, je vais me faire un café et je te fais un thé à la bergamote cela te calmera.
A peine le café avalé, la donzelle s'éclipse dans sa chambre, deux minutes plus tard elle m'interpelle en hurlant.
- Mamannnnnnnnnnn, elle ne marche pas la connexion ? Il faut que j'envoie un message à Pierre !
Elle ne l'a pas quitté il y a à peine une demi-heure le Pierre en question ? Et puis d'abord qui c'est encore celui-là ?

06:34 Publié dans Challenges lectures et écritures | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : vie quotidienne
14.04.2012
Les mots en P... N°16
Petit florilège des mots en P chez Asphodèle : Poussiéreux (se) – pluie – pré – persévérance – parcimonie – picorer -page – perdu(e) – pétillant(e) – procrastination* – pédalo – putréfaction – pollen – pardon – persan – pivoine – partage – poudrer.
Comme à chaques vacances scolaires, Lulu vient chez papi et mamie. Entre les séances de pédalo sur l'étang du village, les soins aux poules de mamie qui picorent dans la main, les pages et les pages de cahier de vacances et les roulades dans les prés, et les goûters qu'il partage avec les petits voisins, les vacances sont bien occupées.
Pourtant ce qu'il voudrait surtout Lulu, c'est visiter le vieux manoir. Avec persévérance, il a fait des plans et des plans pour réussir à se glisser dans la cour en évitant Mr Fissedeput (c'est papi qui l'appelle comme ça) .
Mr Fissedeput n'occupe pas tout le manoir, il ne vit que dans la partie basse qu'il partage avec un chat persan qui se déplace avec parcimonie comme si cette terre n'était pas digne de recevoir ses délicates papattes.
Mr Fissedeput est un vieux monsieur acariâtre qui doit être allergique aux pollens car il éternue à tout bout de champ. Mais d'après mamie c'est un génial horticulteur amoureux des pivoines, qu'il a réussies à décliner sous tous les tons : poussièreuses comme les étoiles, poudrées comme la poudre de riz, orangées comme le soleil levant. De belles fleurs qui s'irisent sous la pluie et qu'il expédiait aux quatre coins de la planète avant qu'il ne soit en retraite.
Lulu ne comprend pas trop pourquoi lorsque papi parle de Monsieur Fissedeput il y a comme une odeur de putréfaction qui sort de sa bouche, et pourquoi les yeux de mamie d'habitude si pétillants perdent de leur éclat. Un soir qu'il revenait bredouille du vieux manoir et qu'il s'était perdu dans les prés, papi s'était faché et lui avait interdit d'y retourner. Il avait entendu des éclats de voix dans la chambre de ses grands-parents et mamie crier : "mais vas-tu enfin me pardonner, cela fait 50 ans, il y a prescription maintenant et qui est à mes côtés, là aujourd'hui "? Il n'avait pas entendu la réponse de papi car il s'était carapaté de peur de se faire secouer les puces. Lui Lulu, il l'aimait bien Mr Fissedeput , il trouvait même qu'il ressemblait un peu à son papa en bien plus vieux bien sûr.

06:59 Publié dans Challenges lectures et écritures | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : manoir, lulu, asphodèle
07.04.2012
Les mots en O....

Pendant les vacances d'Olivia, Asphodèle prend le relais :
Voici les 22 mots qu’il vous faudra placer dans votre texte à paraître samedi matin.
or – opale -orange – osmose – ode – obligation – offense – oh – ordinaire – orage – opportunité – ouvert(e) – onirique – obsession – ombrelle – obéissance – oubli – octave – orgue(s) – océan – orme – orchidée.
J'ai ouvert ma valise pour y glisser quelques bouquins, Chloé qui traine dans les parages me lance :
- Tu lis ça toi ?
- Quoi ça ?
- L'opale de la Duchesse de Kent ! C'est quand même pas par obligation ?
- Non, pourquoi n'aurais-je pas le droit de lire ce roman ?
- Parce que sans être une offense, ce n'est pas ce que tu lis d'ordinaire.
- C'est vrai mais en vacances, j'aime lire ces romans romantico-historiques, dans le hamac sous l'orme du jardin face à l'océan, cela repose mes méninges.
- C'est pas vraiment une ode à la littérature. Un peu onirique non ?
- Il faut savoir sortir des sentiers battus et de temps en temps apprendre à rêver. Et que veux-tu ce Prince de Kent, je le trouve plutôt séduisant. Si j'avais l'opportunité de me jeter dans ses bras, je crois que je le ferais.
- N'importe quoi ! Tu te vois jurant obéissance au beau prince ? Ton obsession de liberté n'y résisterait pas. Et puis je te signale que t'es mariée ! T'es vraiment fleur-bleue, le ciel orange de Venise au couché du soleil, les ors de St Marc, le son de l'orgue après l'octave de Pâques en robe longue et ombrelle fleurie, bouquet d'orchidées à la main. Au premier orage tu prendrais la mouche et le laisserais planté là, lui son opale et sa particule ! C'est niais.
- Stop maintenant ! Nous ne sommes pas obligées d'être en osmose, tu fais tes choix, je fais les miens. Oublie mes lectures et occupe-toi de ta propre valise.
Oh, mais de quoi je me mêle !

06:04 Publié dans Challenges lectures et écritures | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : opale, ados


